LE DUR DESIR DE DURER


Après demain, demain sera hier

Production : Théâtre Dromesko
Coproduction : Théâtre National de Bretagne
Avec le soutien de la SPEDIDAM

Création 2017



Textes : Guillaume Durieux
Jeu / danse
Lily, Igor, Guillaume Durieux, Florent Hamon,Olivier Gauducheau, Zina Gonin-Lavina, Revaz Matchabeli, Violeta Todo-Gonzalez, Jeanne vallauri
Interprétation musicale
Revaz Matchabeli (violoncelle), Lily (chant), Igor (accordéon)
Construction décor : Philippe Cottais
Costumes : Cissou Winling
Lumière : Fanny Gonin
Son : Morgan Romagny
Régie plateau : Olivier Gauducheau
Visuel et Conception graphique : Lily / Photographie : Fanny Gonin
Production / Diffusion : Florence Bourgeon
Administration de Production : Céline Miroite-Ferly




Lors de la création du « jour du Grand jour », nous avons passé de nombreuses heures dans cet espace en bi-frontal que nous avions choisi. Nous avons trainé longtemps entre ces deux gradins vides, nous avons cherché, tenté, trouvé parfois là où nous n’espérions plus rien. Puis, peu à peu, les esquisses ont pris forme, ce que nous avions entrevu a commencé à parler. Ceux pour qui nous mettions la table sont enfin arrivés. La Baraque a ouvert ses portes et ils sont entrés, ont pris place dans ces gradins, bancs déserts jusque là qui nous cernaient comme pour empêcher toute tentative de fuite. Ces fauteuils qui, vides, le regard éteint, semblaient juger nos maladresses et se rire de nos tentatives, une fois habités nous ont comme pris par les yeux, pour nous accompagner vers la sortie de ce couloir- labyrinthe, nous guider dans ces méandres poétiques qui nous faisaient tituber d’un mur à l’autre de ce tunnel humain.

Ces traversées ne nous ont pas laissés intacts et ont surtout fait germer d’autres envies dans cet espace, dans ce rapport très engagé et engageant avec le public, sans aucune possibilité de justifier quoi que ce soit, sans recoin ou décors pour se cacher. Voilà pourquoi « Après-demain, Demain sera Hier », notre prochaine création, démarrera là où s’est arrêté le « jour du Grand jour », balayant les dernières traines de mariées, faisant table rase du banquet pour aller ailleurs.

On pourrait parler d’une suite. Ou plutôt d’une suite en avant, une grande panique face aux lendemains qui déchantent, avec dans le dos les rengaines du passé et sous les pieds le vertige d’être encore là aujourd’hui. D’où le titre, sans doute. Sur ce petit bout de plancher perdu au milieu du public, ponton flottant sur cette marée humaine, nous allons passer et repasser, courant ou trainant, seul ou nombreux allant toujours dans la même direction.

Ils traversent, viennent de quelque part ou se dirigent vers je ne sais où. Le cadre ouvert de la baraque nous permet juste d’apercevoir un fragment de leur parcours, une parenthèse de vie avant un « après », ou après un « avant ». Le « paraitre », d’une personne ou d’une situation, que laisse deviner l’instant capté par les spectateurs, laisse chacun libre de tout ressenti, sans réduire ni formater l’essence même de chaque interprétation. Chaque moment, installé ou passant, ne sera que suggéré et non digéré.

Ce sera un peu comme, lorsqu’assis à une terrasse de café, on saisit, sur le trottoir, la silhouette fugace d’une femme ou d’un homme poursuivant un chemin dont on ne sait rien. Sans indélicatesse, sans aucun voyeurisme, on l’accompagne du regard et de la pensée pendant quelques instants, partageant à son insu un petit bout de route avec lui.

On verra, comme dans ces touchants dessins de Sempé, un petit homme essayer de dire quelque chose ou au moins d’exister, perdu dans une foule écrasante, noyé essayant de s’accrocher à ceux qui le frôlent.

On verra une vierge naine, lâchement abandonnée par ses jambes prises d’une danse de saint Guy.

On verra un homme, portant un tout jeune enfant, essayer de convaincre la camarde de repousser, si possible, la période de son séjour chez elle.
On verra surement passer des lits d’hôpitaux traversant l’écluse de la baraque, emmenant à la vitesse des chalands, malades ou fatigués vers des rives plus humaines.

On verra sans doute un torero dans son habit de lumière, affutant sa faux, se lamentant dans la pénombre de ses soucis financiers, factures, la crise qui dure, la saison qui ne débute toujours pas, arènes fermées, pas d’accident, personne sur les nationales.

On verra donc tous ces anonymes de la vie, normaux de l’imaginaire, inconnus que vous connaissez bien car ce sont ceux qui œuvraient déjà pour le « jour du Grand jour ».

On les verra passer, j’espère, avec la même grâce que ces figures qui m’avaient tant marqués en regardant le « Umwelt » de Maguy Marin.
C’est tout pour aujourd’hui.
Igor





Ecrire, Jouer avec le Théâtre Dromesko – Propos de Guillaume Durieux

Retrouver Igor et Lily, poursuivre le travail avec le Théâtre Dromesko c’est d’abord venir en tant qu’acteur et pour cela, commencer par apprendre à écrire autant par désir que par nécessité.

Si le corps de l’acteur est invité, alors, il a, comme les autres, besoin de trouver sa parole et pas seulement de l’emprunter. D’inventer une langue qui le justifie, permet d’accepter sa présence. Ecrire donc. Imposer le désir. Accepter l’histoire de la compagnie. Sa singularité. La force de ces propositions. Et les rejoindre pour faire advenir la matière textuelle nécessaire. Une poésie qui se fond avec les images, les partenaires, hommes et bêtes, et les accessoires. Constamment en regard. En écho.

Il s’agit d’écrire uniquement ce dont nous avons besoin, ce qui manque ou alors ce qui ne peux s‘exprimer que par la parole quand l’effort de l’image ne suffit pas. C’est reconnaître des priorités. C’est écrire en confiance et en résonance avec le présent de l’invention. C’est être dirigé par le travail lui-même. C’est se joindre à l’atelier où tout s’agite, en prise constante avec les autres. Ne pas proposer un texte qui domine, surplombe, ou provoque la nécessité de la mise en scène. C’est traquer l’évidence, écrire uniquement et impérativement ce qui doit être dit.

Une écriture qui n’a pas l’ambition de « tenir debout toute seule » mais cherche à répondre aux nécessités qui, au fil du travail, se laissent voir. Une écriture qui cherche, souvent par le rire, à induire une relation précise avec les spectateurs. Pas de situation, pas de psychologie, pas forcément de récit. Si ce n’est celui de la représentation elle-même. Essayer de mettre en mots les inquiétudes partagées avec le public. Ne pas se couper du monde. Se tourner vers la cité. Réagir activement aux signes que le monde nous adresse. Développer une curiosité critique de l’instant. Imposer une relation ambivalente. Entre dimension sociale et politique et nécessité poétique et amusée. Ce contraindre à un effort de géo-poétique. Affirmer la nécessité du lien, du rapprochement de toutes choses et de la ligne mélodique. Ecrire donc depuis l’instant de l’éclosion. Essayer de prendre en compte tout ce qui en constitue la valeur, ses priorités, son histoire, son intériorité et ses liens avec le dehors. Sans fuir le réel et en lui accordant l’ambition de la métaphore, du jeu, de la structure, et du langage. Ainsi, ne pas forcément choisir le parti de la clarté mais plutôt celui du mouvement et de l’évocation.

Difficile donc, avant le début du travail, d’annoncer la finalité ou l’exactitude d’un propos. Ecrire grâce à la confiance accordée. Il y a toujours quelque chose d’important à dire. Constamment. Et trouver la distance juste afin de provoquer chez le spectateur un effort de pensée qui, par le rire ou la stupéfaction, invite à la communion.

Guillaume Durieux










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